Bilan de notre séjour en Indonésie

Bilan : près de 1000km parcourus en self drive à Bali et environ 1000km également à Sulawesi ; des paysages et des populations multiples 

Ce qui nous a plu :

  • Les paysages, surtout les rizières, les vues sur la mer, les plages
  • La gentillesse des indonésiens, qui malheureusement se perd dans les endroits très touristiques où le touriste est davantage perçu comme un distributeur de roupies
  • Le snorkeling
  • La cuisine balinaise, vraiment excellente
  • Le confort de pouvoir s’offrir le resto à tous les repas
  • Des hôtels luxueux à prix dérisoire
  • 2 moments marquants, l’ascension du volcan Kawah Ijen et les funérailles en pays Toraja

Ce qui nous a déplu :

  • Les déchets qui envahissent plages et campagnes
  • La conduite vraiment sportive, voire carrément dangereuse des indonésiens, et l’état déplorable des routes
  • Les négociations permanentes sur les prix
  • Quelques hôtels au confort plus que sommaire

On espère revenir un jour en Indonésie découvrir d’autres îles de cet archipel immense ! 

Coût total de notre séjour : 3990€ 

Une photo de Célestin avec un gentil singe tout doux à l’aéroport de Bali:

Publicités

Dernier jour à Bali

Ce matin, on a refait tous les bagages. Puis nous sommes allés à Jimbaran, petit village de pêcheurs juste au sud de l’aéroport. À vrai dire, on n’a pas vu de pêcheurs, juste une belle plage. On a trouvé un resto de poissons et fruits de mer où on s’est installés pour déjeuner : poisson, crabe, langouste, clams, crevettes, calamars, miam !!



Les enfants se sont baignés. La plage est belle mais il y avait des sacs en plastique dans l’eau. Ils ont quand même bien profité de leur dernier bain balinais !



Ensuite, nous sommes allés à Carrefour. Oui oui, la grande surface française ! Quel bonheur de voir un vrai supermarché, avec une galerie marchande, grand, propre, bien achalandé !! Bon, on était venus là pour acheter une valise pour Célestin parce-que la sienne a rendu l’âme, et on a trouvé ! 

Ce soir, on prend l’avion à 0h25 pour Darwin, en Australie, où on arrivera vers 4h du matin. Demain, on décolle de Darwin à 20h pour Cairns, sur la côte est de l’Australie. On va donc passer toute la journée à attendre à l’aéroport après une nuit très courte… 

À bientôt tout le monde !! 

Retour à Bali

3 septembre, nous avons quitté Bira Beach vers 7h30, direction l’aéroport de Makassar. Il nous a fallu presque 6h pour parcourir les 225 km de route. Heureusement qu’on avait un chauffeur !

À proximité de Bira Beach, nous nous sommes arrêtés quelques minutes dans un village spécialisé dans la construction navale. Des hommes étaient occupés à découper et poncer des planches pour les assembler sur les navires près de la plage jonchée de détritus. Les bateaux sont souvent achetés par des Européens.


Un petit bateau comme celui-ci est fabriqué entièrement par un seul ouvrier en deux mois :


L’avion, qui devait décoller à 16h40, avait 1h de retard. Un chauffeur nous attendait à notre arrivée à Bali. Il nous a conduits jusqu’à l’agence de location de voiture à Sanur, où nous avons loué une voiture pour les deux derniers jours à Bali.

André, notre loueur de voiture, nous a reçus avec son inébranlable flegme malgré le deuil qu’il traverse. Son fils de 20 ans est mort cette semaine. Passionné de chasse sous-marine, comme ses 5 autres frères, il avait l’habitude de plonger en apnée dans les grandes profondeurs avec son harpon, jusqu’à 40 ou 50m de fond. Malheureusement, cette fois, il n’a pas pu remonter à temps. Toute la famille était là quand nous sommes arrivés, une belle agitation autour du patriarche en deuil.

Nous avons pris la route pour notre hôtel sur la presqu’île de Bukit, tout au sud de Bali.

4 septembre.

Bonne rentrée à tous les enfants qui reprennent le chemin de l’école aujourd’hui ou demain ! Célestin a vu la liste des élèves de sa classe. Il va retrouver Lucile et Paul, deux de ses plus proches amis qui étaient restés à Prailles l’an passé, il est super content !

Ce matin, nous avons passé plus d’une heure dans un bureau de poste pour envoyer deux colis en France. Nous avons renvoyé nos sacs de couchage, qui devraient arriver dans 70 jours si tout va bien ! Nos sacs à dos seront un peu plus légers. On a toujours nos sacs à viande en soie, fabriqués par Claire, et les couvertures achetées en Namibie, ce qui devrait largement suffire pour dormir sous la tente en Australie.

Ensuite, direction le temple de Uluwatu, l’un des 6 principaux de Bali, dédié à la déesse de la mer, construit sur une falaise à 70m au-dessus du niveau de la mer et occupé par une colonie de singes. Le temple en lui-même n’a rien d’extraordinaire mais la vue sur l’océan est très belle.


Célestin s’est fait attaquer par un singe, qui a agrippé son sarong. Il a poussé un cri strident qui a éloigné le singe qui montrait les dents. Plus de peur que de mal heureusement !


Nous sommes ensuite allés déjeuner en regardant les surfeurs évoluer sur les vagues de Uluwatu, un spot de surf mondialement connu. C’était marrée basse mais il y avait quand même beaucoup de surfeurs dans l’eau. 

Célestin a eu une jolie casquette pour se remettre de ses émotions.


Nous avons fini l’après midi sur une plage plus accessible à la baignade.

Sulawesi (4)

1er septembre, nous avons quitté le pays Toraja pour reprendre la direction du sud.

Les routes sont toujours défoncées. Le temps de trajet paraît infini. Le chauffeur alterne accélérations et freinages à chaque nid de poule ou obstacle en tout genre, scooters, voitures, chiens… Après 3h30 de route, nous arrivons au lac Tempe où nous montons à bord d’une barque à moteur qui nous conduit aux maisons flottantes des pêcheurs. 

On passe d’abord à proximité des villages sur pilotis, bâtis sur l’eau.

Les maisons sont construites sur des radeaux en bambous et voguent ainsi sur le lac dont le niveau d’eau est très variable d’une saison à l’autre, pouvant parfois même être asséché. 

La maîtresse de maison nous a offert du thé et des beignets de banane. 

Nous avons croisé des indonésiens en vacances, qui adorent prendre des photos avec les touristes. 

Un petit garçon trop mignon :

Célestin a toujours la cote !

La maison comprend une grande pièce avec un matelas au sol et une cuisine. On a même expérimenté les toilettes, une minuscule cabane avec un trou entre les planches, une serviette de bain servant de porte, un bac à eau avec un seau pour nettoyer, très typique 😉. On a aussi testé les toilettes du pilote de la barque, une autre maison de pêcheurs construite sur pilotis, même système de toilettes avec un trou entre les planches, le lac en-dessous ! Ici comme partout en Indonésie, on laisse les chaussures à l’extérieur de la maison. Je vous laisse imaginer le bonheur d’être pieds nus sur les planches arrosées d’urine 😁

Les enfants des pêcheurs vont à l’école à partir de 7 ans, à la ville la plus proche où ils sont internes.

Après avoir assisté au coucher du soleil sur le lac nous avons repris la route jusqu’au cap Bira, où nous sommes arrivés à 0h30. Avec tous les chiottes à la turque tout dégueu qu’on a fréquentés toute la journée, une bonne douche chaude était la bienvenue avant de se mettre au lit !

2 septembre. Journée plage. 

Vue de notre hôtel :

Ce matin, Paulin et Olivier ont fait un tour de jet ski. Paulin, Paloma et notre chauffeur ont ensuite fait un tour de banane gonflage tractée par un bateau.

 La mer est claire et le sable blanc et doux comme de la farine. 

Il y a beaucoup de locaux à la plage, qui se baignent tout habillés, très peu de touristes. Du coup, on est des stars ! Paulin a été très sollicité pour des séances photos mais il n’était pas très à l’aise avec toutes ces filles excitees autour de lui !

Déjeuner avec vue sur la plage. C’est très bon ! 

Coucher de soleil depuis notre chambre d’hôtel :

Sulawesi (3)

31 août, en immersion chez les Toraja.

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité…

Ce matin, nous nous sommes invités à une cérémonie funéraire pour les obsèques d’une vieille dame presque centenaire décédée il y a un an et demi, d’une famille fortunée. Notre chauffeur nous a déposés au pied du village, et nous avons suivi le cortège qui montait au village. 

Les porcs sont saucissonnés (ironique pour un porc !) sur des bambous qui permettent de les transporter. 
C’était le premier jour des funérailles, journée consacrée à la réception des invités.

Nous avons été accueillis par un jeune homme qui nous a présentés au petit fils de la défunte, qui nous a ensuite invités à nous asseoir dans l’un des espaces réservés aux invités, dans l’espace inférieur du tongkonan. Les familles sont toujours honorées de recevoir des étrangers. Nous avions apporté une cartouche de cigarettes que nous lui avons remise. 

Malheureusement, les enfants n’ont pas pu atteindre cette phase de notre incursion dans une culture qui nous échappe. Traumatisés par les cris des cochons ficelés sur leurs bambous avant d’être égorgés, par les odeurs et la vue du sang, ils ont fait demi tour et sont allés nous attendre dans la voiture avec le chauffeur. 

Le jeune homme qui nous a reçus, habitué aux réactions des touristes, s’est excusé pour ces pratiques qu’il conçoit comme choquantes pour des étrangers non avertis. On savait à peu près à quoi s’attendre mais c’est vrai que le malaise nous envahit quand on arrive au village, dans un décorum fastueux, au milieu de centaines d’invités endimanchés qui parlent, s’embrassent, rient, des quelques touristes qui déambulent avec leurs appareils photos, alors que nos sens se heurtent à ces dizaines de porcs ligotés, les buffles attachés par le museau, dont on imagine le triste sort, les flaques de sang, les scooters et camions qui transportent gens et bêtes, les morceaux de viande, les abats et les cornes des buffles sacrifiés lors de la mise en bière exposés comme des trophées, les odeurs du sang et des poils de cochon grillés au chalumeau, les cris des animaux mêlés à ceux de l’animateur… 

Passé ce premier malaise, une fois installés par notre hôte dans l’espace protégé du tongkonan avec un thé, un café, des petits gâteaux, nous étions plus détendus et la conversation s’est engagée sur les traditions Toraja avec les autres étrangers présents dans ce tout petit espace, un couple de français, une espagnole bientôt remplacée par un autre français et une jeune polonaise qui était ici pour approfondir ses recherches pour sa thèse sur le syncrétisme religieux. Une femme Toraja nous a rejoints pour nous proposer des sortes de gommes issues de noix de palmiers, qu’il faut mélanger à une poudre avant de les mâcher, se frotter les dents avec puis recracher la bouillie, ce qui aurait la vertu de fortifier les dents. Olivier a été le seul à accepter de tenter l’expérience. Détartrage naturel et gratuit!

Le cercueil est placé en haut du tongkonan principal, avec une photo de la défunte, au cœur du village. 

Nous avons assisté au défilé des invités, qui sont appelés au micro par un animateur bavard et bruyant, qui frappe le gong pour faire venir chaque groupe d’invités dans un ordre de préséance correspondant à leur statut social. 

Des petites filles en costume traditionnel :

Hommes et femmes vêtus de noirs pour la plupart défilent ainsi jusqu’à la famille de la défunte et lui remettent les cadeaux, notamment des porcs et des buffles. 

Après ce moment un peu éprouvant quand même, nous avons retrouvé les enfants à la voiture, leur avons raconté notre expérience, avons échangé sur nos impressions. Ils ont exprimé leur incompréhension face à cette manière d’exhiber la mort des bêtes et des gens qui a fait dire à Paulin que ces gens sont tarés tout en admettant que notre façon de cacher voire de nier la mort n’était que pure hypocrisie et que, s’agissant des animaux, la viande qu’ils consomment (enfin, pas Paloma dont les convictions ne peuvent que se renforcer) a été précédée d’une mort qui n’est jamais douce…

Nous sommes ensuite allés visiter un autre site de sépultures ornées de nombreux et magnifiques, bien qu’un peu effrayants, tau-tau derrière des balustrades.

Nous avons déjeuné dans un restaurant qui surplombait des rizières.

Et nous sommes montés dans la montagne au dessus de la ville de Makale où une gigantesque statue de Jésus Christ surplombe la vallée environnante, offrant une vue à 360°. Il paraît que la statue est plus haute que celle de Rio de Janeiro mais elle fait 40m support inclus alors que la statue elle même mesure 23m, contre 30m pour celle de Rio.

Ce soir, Célestin a révisé ses tables de multiplication, et ça y est, il les connait toutes ! Il adore faire des opérations !

On commence les dictées à la rentrée, dès le 4 septembre ! Ça lui plaît moins 😉

Sulawesi (2)

30 août, visite des villages Toraja.

En route, nous avons vu les taxis individuels (sur scooter) ou collectifs (camionnettes bleues)

Des échoppes comme il y en a partout en Indonésie

Des maisons en construction avec leurs échafaudages en bambous

Les Toraja sont majoritairement chrétiens, convertis tardivement par les colons hollandais au début du XXe siècle. Leurs traditions ont été préservées, notamment le culte des ancêtres, les rites funéraires qui se transmettent oralement depuis au moins un millénaire. 

Ils ont de la mort une conception très différente de la nôtre, entretiennent avec les morts un lien fort. Quand une personne meurt, ils la gardent dans la maison familiale pendant plusieurs semaines, mois, voire années, conservée par des injections de formol pour éviter la putréfaction du corps, qui se momifie. Ils lui apportent à manger plusieurs fois par jour, lui parlent. Ils considèrent la personne comme malade. Elle ne sera déclarée morte qu’après son enterrement. 

Les funérailles donnent lieu à plusieurs jours de festivités, de 1 à 7 selon le rang social de la famille. Les parents et amis viennent de très loin pour y assister, de nombreux porcs et buffles sont sacrifiés pour l’occasion. Les convives sont logés dans des maisons éphémères, construites comme la maison traditionnelle appelée tongkonan, avec le toit en forme de bateau ou de corne de buffle. Construites spécifiquement pour l’enterrement, elles sont en principe démolies après la semaine de funérailles. 

Les maisons sont bâties en bambous et en bois, sur pilotis, l’espace sous la maison étant traditionnellement consacré à l’enclos du buffle. Les façades, orientées au nord, où siègent les esprits des ancêtres qui veillent sur eux, sont munies de toutes petites ouvertures, décorées de sculptures en bois peint, arborant des motifs hautement symboliques, prospérité, fertilité, paix, représentant notamment buffles et coqs. Les couleurs choisies ont aussi un sens symbolique, évoquant l’équilibre, le courage, les forces des ténèbres. Chaque tongkonan est entouré d’un ou plusieurs greniers à riz de même architecture mais plus petits que l’habitation principale. L’espace sous le grenier à riz sert à se réunir, discuter, se reposer.

Village Toraja

Le défunt est placé dans le cercueil au premier jour de cérémonie et ne sera enfermé dans son caveau creusé dans la roche qu’au dernier jour des funérailles. Le cercueil est transporté sur un brancard en bambous en forme de tongkonan.

Roche percée de caveaux :

Brancards :

Un cercueil :

Pour les plus aisés, une statuette à leur effigie, appelée tau-tau, est installée devant la tombe, parfois exhibée sur un balcon. Plusieurs membres d’une même famille sont en général enterrés dans le même caveau.

Le tau-tau de cette femme, sans doute très riche, est très ressemblant à la photo qui le surplombe :

Les portes qui referment les caveaux sont en bois sculpté, ornées de têtes de buffle. Certaines têtes de buffle sont sculptées dans la pierre.

Nous avons visité un ancien site mortuaire. À l’époque, les morts étaient enterrés dans des sarcophages en bois que les plus riches accrochaient en hauteur sur la falaise. 

Des sarcophages accrochés au dessus de la tête des enfants

La plupart sont tombés au sol et les ossements gisent par terre.

Célestin dépose une petite pièce en offrande aux morts

Divers objets sont déposés auprès du mort dans le caveau, mais aussi à l’extérieur : beaucoup de bouteilles d’eau ou de soda, voire même d’alcool, des cigarettes, des fleurs, de l’argent. 

Les bébés morts nés ou décédés dans les premiers mois de vie sont placés dans des trous creusés dans les arbres, dont l’écorce se referme sur le corps, l’âme du bébé, encore pure, montant ainsi vers le ciel au rythme de la croissance de l’arbre qui le protège. 

Parenthèse littéraire : En faisant des recherches sur les Toraja, j’ai découvert le livre de Philippe Claudel, « l’arbre du pays Toraja ». J’ai interrompu le roman que j’avais commencé (« D’os, de sang et de douleur », un polar riche sur l’histoire de la folie et de la psychiatrie, ses égarements, son évolution) pour entamer la lecture du roman de Claudel, que j’invite ceux qui aiment la lecture à lire !

La société Toraja est hiérarchisée. La noblesse, soit 10% de la population, possède presque toutes les terres. Le reste de la population est constitué d’environ 20% de petits propriétaires terriens et les 70% restants sont employés ouvriers ou agricoles. L’abolition de l’esclavage par les hollandais au début du XXe siècle a atténué les différences entre ces trois classes mais la hiérarchie perdure, fortement visible lors des cérémonies de funérailles.

Les cornes des buffles sacrifiés et les nombreuses mâchoires de porcs  qui ornent les maisons montrent la richesse de la famille.

Un buffle noir se vend environ 4500€ tandis qu’un buffle blanc taché de noir, aux yeux bleus, comme celui-ci, se vend jusqu’à 65000€, une somme considérable !

Le buffle, animal sacré, n’est sacrifié (égorgé) que pendant les cérémonies de funérailles pour accompagner l’âme du défunt vers l’au-delà et plus trivialement pour nourrir les convives. Des combats de buffles sont organisés et donnent lieu à des paris. 
La terre de Sulawesi a été fertilisée par les éruptions volcaniques. Le nord est et le sud ouest de l’île sont deux grandes régions agricoles où l’on cultive maïs, manioc, légumes, café, cacao, clous de girofle, et bien sûr le riz. En dehors de ces grandes zones agricoles, le reste de l’île est couvert par la jungle équatoriale.

On a traversé de magnifiques paysages de rizières en terrasses.

Nous avons déjeuné dans un restaurant offrant une très belle vue sur les rizières, villages et montagnes.

La période de moisson du riz touche à sa fin mais on aperçoit encore des paysans, souvent des femmes, couper les épis de riz à la serpette, et surtout, on voit le riz sécher au soleil sur de grandes bâches dans les cours des maisons ou sur le bord des routes.

Après la récolte, les buffles sont attachés dans la rizière, où ils hydratent leur corps et piétinent la terre ainsi ameublie pour préparer les prochaines plantations.

On a aussi vu de jolis scarabées et un petit gecko

Sulawesi

27 août. Après un retour en bateau de l’île Nusa Lembongan à Bali (plage de Sanur), un déjeuner au resto à Sanur (warung 55) où l’on a bien mangé, une petite coupe chez le coiffeur pour Paulin le BG, nous sommes repassés chez notre loueur de voiture récupérer une valise et il nous a fait conduire à l’aéroport de Denpasar.

Nous devions décoller de Denpasar pour Sulawesi à 18h40 mais nous avons décollé avec 2h30 de retard ! Nous avons eu le temps d’observer les avions atterrir au dessus de la mer toutes les 2 ou 3 mn, jusqu’au coucher du soleil…

Arrivés à Makassar (ou Ujung Pandang), après avoir récupéré nos bagages, vers 23h, notre chauffeur nous attendait et nous a déposés à l’hôtel (tout pourri) pour une petite nuit. Quand je dis pourri, c’était vraiment dégueu !! Une blatte morte décorait le tapis de la salle de bain dont le sol et la baignoire étaient noirs. En se couchant, Olivier a découvert en soulevant son oreiller des tâches noires ressemblant à des crottes d’oiseau. Il a demandé au service d’étage de changer les draps, ce qui a demandé un peu de temps. 

28 août. Ce matin, nous sommes partis de makassar vers 9h et nous avons roulé toute la journée ! 

Nous avons fait une courte pause dans un joli village, Rammang Rammang, où nous avons pris un bateau pour se rendre au village, entre rizières et montagnes. 

Le riz a été récolté récemment, c’était la seconde et dernière récolte de l’année. Ici, pas de rizières en terrasses alimentées par des rivières qui permettent de cultiver le riz toute l’année comme à Bali. Les paysans doivent attendre la saison des pluies pour planter de nouvelles pousses. La mousson dure de novembre à avril, la saison sèche de mai à octobre, ce qui n’exclut pas quelques averses !

Minute culturelle :

Sulawesi (nom indonésien) ou Célèbes (nom européen d’origine portugaise), est une île très vaste de 189.000 km2, en forme de K, au relief et aux routes accidentés. Son nom indonésien signifierait trident de fer en raison de la forme de l’île ou île du fer, en référence aux gisements de fer dans le Sud de l’île, ressource rare en Indonésie.

L’île compte environ 17 millions d’habitants. Sa diversité ethnique, religieuse et linguistique est caractéristique de l’Indonésie. Les Bugis, peuple de la mer, représentent près de la moitié de la population et sont musulmans sunnites. Les peuples des montagnes et du Nord de l’île sont majoritairement chrétiens protestants. Mais la religion pratiquée par les uns et les autres reste empreinte des traditions et croyances animistes. 

À Sulawesi, ont été recensées 64 langues différentes, classées en 4 grands groupes. 

L’île de Sulawesi est vraiment différente de Bali, pas de temples et d’offrandes, pas de cérémonies hindoues. La diversité en Indonésie est aussi architecturale. On compte 33 provinces avec chacune une tradition architecturale particulière. À Sulawesi, les maisons sont principalement construites sur pilotis, ceci afin d’isoler la maison des boues en saison des pluies, de permettre une ventilation permanente. Actuellement, sans doute parce que c’est la saison sèche, le rez de chaussée des maisons, sous les pilotis, est plein de vie. Les gens y étendent le linge, exposent leurs échoppes, suspendent des hamacs, s’asseoient pour discuter, voire même y rangent leur voiture quand ils en ont !

Nous dormons ce soir à Rantepao, à 300km de Makassar (8h de trajet), environ 1000m d’altitude, capitale du Tana Toraja, pays du peuple des montagnes dont le quotidien est rythmé par les rites funéraires, que nous allons découvrir demain.