San Pedro de Atacama (4)

24 octobre, dernier jour au Chili. Ce matin, nous avons encore perdu du temps à chercher où était l’agence de location (pour y ramener la voiture demain matin de bonne heure), mettre de l’essence, acheter des timbres à la poste. Il y a la queue partout, tout est long et pénible ! 

Après déjeuner, nous sommes partis aux lagunas escondidas, une succession de 7 petits lacs d’eau salée. Les eaux bleues, du turquoise au bleu vif, se détachent sur le blanc des cristaux de sel qui se forment tout autour, et toujours le ciel bleu et les montagnes au fond. C’est magnifique. 










Il est possible de se baigner dans le premier et le dernier trous d’eau. L’eau est tellement salée qu’on flotte sans effort, presque malgré soi ! L’eau est un peu fraîche mais les gars ont expérimenté cette sensation hors du commun ! On a l’impression qu’ils sont assis sur un rocher mais non, ils flottent !





Le sel pique la peau et laisse des traces blanches bien visibles. 

Les cristaux de sel sont très beaux, d’un blanc pur 
Seul bémol, pour parvenir jusqu’ici, il faut parcourir plus de 40 km de piste caillouteuse, toute droite, au milieu de nulle part 

et… on a crevé ! 6000km en Namibie sans dommage et là, même pas 600km, le pneu du 4×4 n’a pas résisté. On s’en est rendu compte après la première baignade. Du coup, les enfants ont continué la balade sans nous pendant qu’on changeait la roue. Je lisais le manuel d’instruction (en espagnol évidemment) et Olivier était sous la voiture, couvert de sel et dans la poussière, que du bonheur ! On s’est dépêchés de rentrer avant la fermeture de l’agence de location de voiture pour savoir combien ça allait nous coûter mais a priori, rien du tout, les simples crevaisons ne sont pas facturées au client, ouf ! 
Voilà, on a fait nos bagages. Demain, départ à 7h pour la Bolivie. 

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San Pedro de Atacama (3)

Nous avons encore perdu la matinée à diverses démarches… Il a fallu aller à la banque retirer beaucoup de liquide pour payer l’agence qui va nous emmener en Bolivie (500.000 pesos soit environ 680€ pour les 3 jours pour nous 5), puis changer des pesos chiliens en bolivianos (monnaie bolivienne) qui vont nous servir à payer les entrées au Parc, salar d’uyuni, 250 bolivianos par personne (30€). Vu qu’il n’y a pas de distributeur de billets en plein désert, il faut changer nos pesos ici mais avec les taux de change, ça revient beaucoup plus cher ! Le retrait de pesos chiliens au guichet s’accompagne déjà d’une commission pour la banque chilienne (2% environ) puis le bureau de change prend une bonne commission (environ 30%!!!). On a fait deux bureaux de change : le premier n’avait que 500 bolivianos en stock (60€), heureusement dans un sens parce qu’ils se sont pris 21€ de commission au passage ; le deuxième bureau de change, où nous sommes allés avec le gars de l’agence à qui on a raconté nos déboires, nous a fait un taux de change un peu moins coûteux, avec 11€ de commission pour les 90€ changés !! 

Ensuite, il a fallu qu’on aille à la police d’immigration parce qu’on avait jeté les petits papiers qui nous ont été remis à l’entrée sur le territoire chilien. On ne savait pas qu’il fallait les garder. Le gars de l’agence nous a expliqué que si on ne les avait pas pour passer la frontière, on allait devoir payer 600000 pesos (800€) !!! On a donc fait faire des duplicatas, gratis. En plus, les flics du bureau d’immigration étaient très sympas ! 

Nous sommes rentrés déjeuner avant de partir visiter. Nous sommes allés voir les pétroglyphes de Hierbas Buenas. C’était un lieu de repos, rencontres et échanges commerciaux des bergers en transhumance ou des caravanes qui venaient des plateaux andins vers le salar. C’était une zone de rétention d’eau qui permettait le développement de « bonnes herbes » pour nourrir les animaux. Les gravures les plus anciennes dateraient de 1500 ans avant JC. Ces gravures étaient un moyen de communication, d’enseignement, mais aussi sans doute un moyen de vénérer les divinités, de s’assurer de leur protection pour la subsistance des populations. On reconnait des lamas et des renards, des chamanes, un singe (à côté de celestin sur la photo), des flamants roses. 

On a vu de vrais lamas aussi. C’est vrai qu’il y en a un à Aigonnay, mais là des troupeaux entiers et des lamas de différentes couleurs ! Olivier s’est approché pour les photographier, mais pas assez pour les faire cracher !

C’est toujours très aride, notre voiture est couverte de poussière.

 

 mais il y a quelques petites fleurs et des cactus. 

Paloma a glissé et marché sur un cactus, en tongs, ça fait mal ! 

En fin d’après midi, nous sommes allés boire un verre à san Pedro de Atacama.

On a gouté au fameux cocktail Chilien, le terremoto (tremblement de terre) composé de pisco, jus de fruit, grenadine, glace à l’ananas, miam ! 

La jolie église en adobe (paille et terre), avec son plafond en bois.

Le marché couvert artisanal

Aujourd’hui, nous sommes montés à 3000m d’altitude seulement, il ne faisait pas froid. 

San Pedro de Atacama (2)

Ce matin, nous sommes allés acheter de l’eau (parce qu’on boit beaucoup dans le désert), du pain et des sandwichs, des bonbons à la coca. Nous sommes aussi allés réserver notre prochaine excursion pour passer en Bolivie. Nous partirons le 25 au petit matin et allons passer 3 jours dans le Sud lipez et le salar d’uyuni. Ensuite, nous avons cherché (et trouvé) la station essence, et à 11h, nous étions enfin prêts pour partir à la découverte des lagunas altiplanicas, les lacs d’altitude. Tout prend du temps ici!!

Nous avons parcouru 370km, dont une partie de pistes poussiéreuses. Les paysages sont somptueux !

Comme en Namibie et en Australie, on a encore franchi le Tropique du Capricorne !

Pour affronter les hauteurs et éviter d’éprouver maux de tête, vertiges et nausées provoqués par l’altitude, nous avons acheté des bonbons à la coca. Finalement, on n’a pas vraiment ressenti de troubles, à part les oreilles qui se bouchent et un léger essoufflement à l’effort ! On y a gouté quand même, ce n’est pas très bon. 

Plus on prend de l’altitude et plus l’air se rafraîchit. Les paysages changent. Bizarrement, il y a plus de végétation qu’autour du village de san Pedro. Des touffes d’herbe jaune, ou des petites fleurs roses, et même quelques cultures bien vertes par endroits, avec toujours en toile de fond, le ciel d’un bleu vif immaculé et les sommets enneigés. 

Lorsqu’il pleut, ce qui est rare, le désert fleurit. Ce phénomène ne se produit que tous les 5 à 7 ans. Fin août cette année, le phénomène s’est produit après les précipitations exceptionnelles du mois de juin. On voit encore quelques fleurs roses, bordeaux ou bleues par-ci par-là. 

On a vu plusieurs vigognes, souvent en troupeau, un petit mammifère sauvage qui ressemble à un alpaga, qui vit sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes et dont la laine est recherchée. Sur les routes, plusieurs panneaux nous signalent leur présence. 

Le petit village de Socaire, à 3200m d’altitude, et son église en terre et en chaume, du XIIIe siècle. 

Les lagunes de Miscanti et Miniques, situées à 4300m d’altitude, sont d’un bleu profond, proche de la couleur du ciel. Il faisait autour de 14-15°. 

Nous avons pique niqué là :

En route, Olivier et Célestin sont allés toucher la neige et même faire un petit bonhomme de neige ! Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu la neige.

Ensuite, nous sommes allés jusqu’à la Laguna de piedras Rojas et la Laguna Tuyactu, toutes deux aux eaux salées couleur turquoise. Absolument merveilleux ! 

Des flamants roses :

Un oiseau tournoyait au-dessus d’Olivier : 

Sur le chemin du retour, nous avons longé le salar d’Atacama et nous sommes arrêtés pour quelques photos à la Laguna Chaxa, en plein milieu du lac salé asséché, où un drapeau chilien est planté : 

Encore des flamants roses

La plupart de ces sites sont détenus par les indigènes, qui font payer des droits d’entrée (4€ par personne). Les lagunes les plus éloignées et les plus belles sont cependant gratuites, il faut en profiter, ça pourrait ne pas durer !)

Nous avons vu des paysages extraordinaires et n’avons pas trop souffert de l’altitude. On est quand même bien fatigués mais contents de cette magnifique journée ! 

Ce soir, on boit un vin rouge, cépage carmenere, importé de France mais qui a pratiquement disparu chez nous. 

San Pedro de Atacama (1)

Il nous a fallu toute la journée du 20 octobre pour aller de Valparaiso à Santiago en bus puis du centre de Santiago à l’aéroport puis prendre un vol pour Calama, puis un mini bus pour San Pedro de Atacama. Nous sommes arrivés vers 20h. Nous n’avions rien à manger alors la dame qui nous loue notre petite maison nous a fait un dîner. 
On a survolé la cordillère des Andes, c’était très beau.

Le désert d’Atacama, tout au Nord du Chili, s’est formé il y a plusieurs millions d’années, lorsque la mer s’est transformée en désert. C’est une chaîne de volcans dont les plus hauts culminent à près de 6000m. 

Le climat est subtropical désertique chaud, c’est une des régions les plus arides du monde. Il ne pleut  qu’une semaine par an, en principe fin janvier, début février. Nous sommes toujours dans l’hémisphère sud, donc les saisons sont inversées. L’hiver austral est en juin-juillet-aout. Cette année, il a neigé au mois de juin dans la région, ce qui est exceptionnel !  

L’activité économique principale de la région repose sur les mines : cuivre, fer, or, argent et bien sûr le sel, qui façonne le paysage. Le tourisme est aujourd’hui une source de revenus importante également. 

Aujourd’hui, nous nous sommes levés vers 8h30. La température descend assez bas la nuit, autour de 7°. Mais les lits sont équipés de couettes bien chaudes, presque trop! Au petit déjeuner, il faisait encore un peu frais. Célestin a sorti toute sa panoplie hivernale ! Mais Olivier était déjà en t-shirt.

Nous sommes allés chercher notre véhicule de location et faire quelques courses dans le village poussiéreux. Les indigènes s’opposent à toute modernisation de leur village, les routes ne sont pas goudronnées !

La température remonte très vite. La journée, il fait très chaud, autour de 28°. Et nous sommes bien dans le désert : pas d’ombre, pas d’arbres, de la poussière et du sable.

 Le village de san Pedro de Atacama, qui compte environ 5000 habitants, est à 2500m d’altitude. Le soleil brûle, la peau se dessèche, les lèvres piquent. 


Nous avons loué un pick-up. Les enfants adorent être dans la benne ! 

Nous avons fait un trek dans la vallée de la mort, appelée ainsi par déformation du nom d’origine vallée de Mars, le paysage faisant penser à cette planète. Le mot marte, Mars en espagnol, étant proche de muerte, la mort. 








Nous avons descendu une dune, moins haute que celles de Namibie, mais quand même, il y a du dénivelé ! On a essayé d’enlever nos chaussures pour éviter d’avoir du sable plein les pieds, mais le sable était trop chaud, même en chaussettes, ça brulait ! 






Bien qu’ épuisés après 3h de marche et après un déjeuner tardif, nous repartons à la découverte de la vallée de la Lune, ainsi appelée pour ses paysages lunaires, bien sûr ! 







Et le soir, nous avons assisté au coucher du soleil sur la vallée et le volcan Licancabur, magnifique ! 





Valparaiso (3)

19 octobre. Nous avons encore profité d’un beau soleil pour notre dernier jour à Valparaiso. 

La photo de groupe lors de notre visite d’hier :

Ce matin, nous avons visité le musée d’histoire naturelle, où on a découvert la faune chilienne, dans les océans comme dans les montagnes andines. On y a retrouvé les mollusques de la bouillabaisse de l’autre jour 😉 oui oui, même le truc collé au carreau qui ressemble à un énorme chapeau chinois était bien dans le plat.

Ensuite, on a mangé dans un petit resto. 

Que Mamie Jo se rassure, Paloma ne meurt pas de faim :

Puis nous avons repris le funiculaire pour une grande balade le long de l’avenida alemana pour admirer la ville depuis ses hauteurs :

Encore un petit tour de toboggan en haut du funiculaire : 

Il y a moins de graffitis ici qu’à Cerro concepcion mais on en a vu quelques uns. 

On a même vu des graffeurs à l’œuvre avec leurs bombes de peinture près de notre appartement en partant ce matin :

De retour dans le quartier du port, Paulin a testé le coiffeur chilien et la coupe dégradée. Il pause devant le magnifique bâtiment de la marine de Valparaiso : 

Puis nous avons repris un funiculaire et sommes retournés admirer les fresques des petites rues de Cerro alegre et concepcion et boire de bons jus de fruits au café Vocare, où nous avions gouté le pisco hier. 

Et voilà, Valparaiso, c’est fini ! On a beaucoup aimé cette ville pleine de charme. Demain, on reprend le bus pour Santiago puis l’avion à 15h30 pour Calama  dans le nord du Chili (2h de vol), où on devra prendre un autre bus pour San Pedro de Atacama, où nous allons passer 5 nuits à visiter le désert d’Atacama. 

 

Valparaiso (2)

18 octobre.

Nous vivons à l’heure espagnole… On se lève tard, on mange tard, on se couche tard!

Aujourd’hui, nous avons continué notre visite de Valparaiso. Nous avons profité d’une visite guidée en français, organisée par « Valpotop tour », vraiment super. Nous sommes partis à 15h30 de la place Sotomayor, près du port, et avons terminé vers 19h en haut du funiculaire Reina Victoria. Cette ville est vraiment sympa !

À partir de 1914, la ville a connu une période de déclin, l’ouverture du canal de Panama ayant court circuité la route autrefois empruntée pour se rendre aux Etats Unis et laissé Valparaiso à l’abandon. 

La ville renaît de ses cendres aujourd’hui, surtout grâce au tourisme. Et c’est vrai qu’elle est pleine de charme !

Quartier du port : le port est un vieux quartier. C’est là que la ville de Valparaiso a pris son essor au milieu du XIXe siècle, lorsque les Européens, attirés par la ruée vers l’or en Amérique, faisaient escale à Valparaiso et s’y installaient parfois. Ce quartier, comme deux autres (cerro alegre et cerro concepcion) sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.



Cet immeuble, siège social d’une entreprise importante du Chili, a été à l’origine du classement de ces 3 quartiers. En effet, après l’agrandissement de cet édifice traditionnel de l’époque coloniale avec une surélévation moderne, les habitants du quartier se sont mobilisés pour éviter que le quartier ne soit défiguré. Mais cette reconnaissance historique et culturelle a un prix. Les propriétaires sont aujourd’hui soumis à des contraintes telles que la restauration de beaucoup de monuments est en péril. Plusieurs immeubles sont à l’abandon. 


En outre, la ville de Valparaiso subit régulièrement des incendies dévastateurs. Quand on voit la multitude de câbles électriques qui irradie la ville, on se dit que les incendies s’expliquent. Mais il semblerait aussi que le gouvernement chilien encourage parfois les pyromanes à provoquer des incendies dans les zones occupées par les immigrés… 

La ville compte une quinzaine de casernes de pompiers, qui sont toutes associées à des pays : caserne américaine, française, portugaise… A l’origine en effet, elles ont été fondées par les diverses communautés venues s’installer à Valparaiso. Tous les pompiers sont volontaires et bénévoles, subventionnés par des partenariats avec des casernes des pays dont sont originaires les communautés fondatrices (ex: les pompiers de Marseille fournissent uniformes et matériel aux pompiers de la caserne française de Valparaiso). Le gouvernement chilien ne finance rien du tout ! 

Ce matin, on a pris un funiculaire pour surplomber le quartier du port. La ville compte une quinzaine de funiculaires, dont la moitié hors service, certains en cours de restauration. Ce sont les anglais, cherchant un moyen de relier les hauteurs de la ville avec les quartiers animés près de la mer, qui ont décidé d’équiper la ville de ce type de moyen de transport à la fin du XIXe siècle. 



Et cet après midi, on a pris un autre funiculaire, l’un des plus vieux, datant de 1902, El Peral, et on a parcouru les hauteurs de la ville avec notre guide. 


En moins de 2 minutes, le dénivelé est impressionnant ! 



Et les rouages du système aussi !





Notre tour nous a conduits à tavers les quartiers classés de cerro alegre et cerro concepcion. Le premier, « la colline de la joie » était le quartier où les marins venaient prendre du bon temps, boire et rencontrer des filles de joie. Le cerro concepcion était celui des églises, principalement catholiques, toute autre religion étant interdite, mais où les anglais ont aussi fondé, d’abord sécrètement puis plus officiellement, des lieux de culte protestants. 



Cette maison a été acquise par un Croate qui a fait fortune dans l’exploitation des mines au nord du Chili. Il avait une importante collection privée d’oeuvres d’art. Le toit est couvert de cuivre, devenu aujourd’hui vert. À sa mort, n’ayant pas d’héritiers, la maison est revenue à l’État chilien. C’est désormais un musée des Beaux-Arts. 


Les maisons épousent le dénivelé, ayant en général plus d’étages d’un côté que de l’autre, comme on peut s’en rendre compte sur cette maison, construite à l’intersection de deux rues !


Valparaiso met en valeur le street art avec ses tags (petites écritures, signatures), graffitis (dessin de taille moyenne) et fresques(occupant de grands espaces). 

Ici, les graffeurs sont libres d’exprimer leur talent s’ils ont l’accord du propriétaire. Parfois, les graffitis ou fresques sont commandés par le propriétaire. Certaines fresques sont même financées par la ville de Valparaiso. 



Les graffeurs essaient de faire passer des messages à travers leurs peintures.

Ici, le graffeur a représenté une femme Mapuche. Ce peuple, qui vit principalement au sud du Chili, est le symbole de la résistance à la colonisation. Pendant près de 3 siècles, ils ont réussi à préserver leurs terres et leur culture des conquérants Espagnols qui détruisaient tout sur leur passage, évangélisaient les populations, notamment en enlevant les enfants pour les éduquer à leur façon, dans la religion catholique, avant de les renvoyer dans leur communauté prêcher la bonne parole et convertir leurs proches. L’un des enfants Mapuche ainsi enlevés a cependant réagi et encouragé son peuple à résister, leur enseignant l’art de monter à cheval pour lutter à armes égales avec les colons. 

Aujourd’hui encore, les Mapuches ne vivent pas en paix, non plus pour des considérations religieuses mais économiques. Leurs terres continuent d’être confisquées au profit de la culture d’eucalyptus, au mépris de la préservation des terres cultivables et de la survie de ce peuple qui vit de cultures maraîchères et médicinales. Les femmes ont un rôle prépondérant dans la société Mapuche.



Cet autre graffeur célèbre, originaire de l’île Chiloe, défend la protection de la mer. Il représente ici son personnage fetiche, mi homme, mi poisson, coupé en deux, avec des dollars dans les poches… Le Chili a en effet vendu et privatisé une bonne partie de ses zones maritimes au profit de sociétés de pêche intensive. Malheureusement, les petits pêcheurs n’ont plus de zones de pêches, les poissons se raréfient. Les pêcheurs de Valparaiso tentent de se reconvertir en promenant les touristes dans la baie mais leur situation est menacée comme l’équilibre écologique de cette zone. 



Même des escaliers sont décorés de fresques :




Cet autre graffeur, célèbre aussi en Europe, a peint ici une fresque symbolisant la désunion des peuples d’Amérique du Sud, le personnage, découpé en plusieurs parties, ne peut être identifié à tel ou tel peuple précis. 



Nous avons fait une petite pause en dégustant le pisco, un alcool de raisin célèbre dont le Chili et le Pérou se disputent la paternité. En tout cas, ce n’est pas mauvais !! Les enfants ont eu une boisson sans alcool, toujours dans un décor coloré : 

Nous avons terminé la visite guidée près de l’ascenseur Reina Victoria, où nous avons parlé de l’histoire politique du Chili, de la dictature de Augusto Pinochet, qui n’est pas si ancienne puisque le coup d’État date du 11 septembre 1973 et que la dictature a pris fin en 1990. La junte militaire a pris le pouvoir après avoir renversé et assassiné le président Salvador Allende. De nombreux opposants politiques et artistes ont été tués, dont le compositeur Victor Jara et certainement Pablo Neruda, tous deux morts en septembre 1973, le premier après avoir été torturé.

Si cette période de l’histoire chilienne, émaillée de déportations, assassinats politiques, exils, a traumatisé la population, certains restent cependant nostalgiques de ce régime auquel ils associent une certaine prospérité économique. 

La présidente actuelle du Chili (eh oui, le Chili est dirigé par une femme !), dont le père, ex soutien de Pinochet, avait été assassiné au début de la dictature pour n’avoir pas soutenu les positions extrémistes du Général, ne se représentera pas puisqu’elle a déjà fait deux mandats. Le candidat ultra conservateur semble en tête pour la prochaine élection, alors que le Chili aurait grand besoin que les projets sociaux prônés par Salvador Allende aboutissent enfin… L’éducation au Chili reste payante dès la maternelle, un sacrifice que beaucoup de familles ne peuvent s’offrir. 


Demain, nous passons une journée de plus à Valparaiso. Nous nous sentons vraiment bien dans cette ville. En plus, le temps est magnifique, même s’il fait froid dès que le soleil se couche ! 

Valparaiso (1)

Aujourd’hui, 17 octobre, on a pris le métro puis le bus de Santiago à Valparaiso. Les bus fonctionnent super bien, il y en a plein, tout le temps, et ce n’est pas cher du tout !

Nous nous sommes installés dans notre appartement puis nous avons pris nos petites jambes pour aller explorer la ville. Comme la ville est construite sur une colline, nos cuisses et nos mollets ont été mis à rude épreuve ! 

La ville est très animée, comme à Santiago. 

Un marché dans la rue :

Valparaiso est connue pour ses rues colorées, ses graffitis. 

Ses rues en pente :




La maison du poete Pablo Neruda, d’une architecture originale, avec un joli jardin, une très belle vue sur la ville et la mer.

On a emprunté un des nombreux « ascensor » de Valparaiso, les funiculaires qui permettent de monter sur les « cerros » (collines) et « mirador » (points de vue). 
Le funiculaire : 

Célestin a pris un toboggan à l’arrivée du funiculaire 

Et encore des boutiques de cannabis :

Après avoir bien marché, nous sommes rentrés en bus.

Vue de notre appartement au soleil couchant :

Avec un bon vin rouge pas cher (5€ la bouteille) :

Cette première approche de la ville est très positive. Demain, nous allons tenter de trouver une visite guidée en français.