Cusco (4) – Machu Picchu

Aujourd’hui, nous allons sur le site mythique, emblématique des Incas, le Machu Picchu. 

Nous ne sommes plus au temps des Incas, on pourrait donc croire que l’accès au site est facile, mais alors pas du tout ! Quand on pense que l’Inca (le chef) venait ici avec sa cour passer quelques semaines chaque année, en provenance de Cusco, capitale de l’Empire, eh bien, rien qu’à ce titre, on ne peut qu’être admiratif. Même s’ils avaient des lamas pour porter leurs affaires, le chemin n’est pas de tout repos.

Machu Picchu était desservi par huit routes différentes. Il est situé à 2430m d’altitude environ, beaucoup plus bas que Cusco, dans un environnement très différent. Le climat y est plus chaud et humide, la végétation plus dense. 

On peut encore aujourd’hui, pour les amoureux des treks en montagne, y aller à pied par le chemin de l’Inca en 4 jours de marche. 

Nous, pour y aller, nous avons pris un taxi à 4h30 du matin pour nous rendre à la gare de Ollantaytambo, à 1h30 de Cusco par des routes sinueuses et cabossées. Paloma ne se sentait pas très bien en partant. Notre chauffeur à été contrôlé par la police (les contrôles sont fréquents ici), et quand il s’est arrêté, Paloma a eu juste le temps d’ouvrir sa portière pour vomir, quasiment sur les pieds du flic ! Ils ont été sympas et nous ont laissé accéder à leurs toilettes pour un petit nettoyage, et nous sommes repartis.

 A Ollantaytambo, nous avons pris le train à 6h40 pour Aguas Calientes (1h30 de trajet). Le train est confortable et le paysage magnifique. Il y a de grandes fenêtres sur les côtés et des lucarnes au dessus de nos têtes qui offrent une vision panoramique. On nous a offert à boire. Vu le tarif, ils peuvent… 

À Aguas Calientes, Paloma a baptisé les rails d’un nouveau vomito… Nous avions rendez vous avec notre guide francophone, qui était à l’heure. Nous avons ensuite pris l’une des 24 navettes qui opèrent toute la journée entre Aguas Calientes et Machu Picchu pour 30 mn de bus sur un chemin de terre étroit et sinueux qui grimpe dans la montagne. 

Un bus comme celui-ci, mais grandeur nature :

Vers 8h45, la visite pouvait enfin commencer. On ne peut pas dire que Paloma en aura pleinement profité mais elle a suivi comme elle a pu, en s’asseyant par terre tous les 10 mètres… Il faut dire que, même en pleine forme, la visite est épuisante avec beaucoup de marches et le soleil qui tape fort. 

Le Machu Picchu a été construit sous le règne de Pachacutec, autour de 1440. Environ 300 personnes vivaient probablement sur le site. On pense qu’il servait de résidence d’hiver à l’Inca, mais aussi de sanctuaire religieux, de laboratoire agricole… Toute l’édification témoigne des cultes rendus par les Incas aux astres, surtout au soleil, et à la Terre mère. Elle témoigne aussi de l’organisation hiérarchisée de la société Inca, avec d’un côté les paysans, de l’autre les serviteurs, et enfin les maisons de la famille royale et les temples. La population était soumise à un travail obligatoire pour le compte de l’Inca et à l’impôt, dans l’intérêt dela communauté, chacun disposant d’une terre et d’un métier en contrepartie. 

En montant doucement on admire la végétation, les orchidées. 

On aborde d’abord les quartiers où vivaient les paysans. Forts de leurs connaissances en architecture, en astronomie et en agriculture, grâce aux  laboratoires agricoles qu’ils avaient développés dans la vallée sacrée en vue d’améliorer les semences en sélectionnant les plantes les plus rentables et résistantes,  les Incas ont construit de nombreuses terrasses au Machu Picchu, où ils cultivaient du quinoa, du maïs, des pommes de terre et autres tubercules. Il y aurait eu jusqu’à 3000 espèces de pommes de terre. 
Des terrasses plus étroites ont également été creusées avec pour fonction de consolider la Cité. La superposition de plusieurs couches de matériaux différents pour l’édification des fondations assure la solidité de l’ouvrage.

C’est en montant vers la maison du gardien que l’on a une superbe vue panoramique sur le site. On en profite pour faire un milliard de photos. Les nuages présents le matin commencent à se dissiper. Tout au long de la visite, des points de vue magnifiques dévoilent la grandeur de la cité. 

Petit clin d’œil de Célestin à son club de hand :

Quand les lamas occupent le premier plan, on est proche du cliché :

De nombreux éléments architecturaux permettent de repérer les différentes saisons, nécessaires au calendrier agricole. Le site est bâti au cœur de montagnes qui marquent les points cardinaux. Le temple du Soleil a été construit afin de repérer le solstice d’hiver, le 21 juin, le soleil entrant dans l’alignement de l’une des fenêtres ce jour là, début de la saison sèche ; idem le 22 décembre lors du solstice d’été. La constellation qu’on appelle la grande Ourse, ici appelée la croix du Sud, est également un repère important. Une fenêtre lui est dédiée, permettant d’identifier la date du 15 mai lorsqu’elle est alignée dans l’ouverture, date du début des récoltes. Des miroirs d’eau ont été creusés pour recueillir et observer le reflet de la Lune, autre élément clé de l’agriculture. 

Les miroirs d’eau :

On visite ensuite le quartier des servants de l’Inca avec ses maisons en enfilade. 



Puis on atteint le lieu de résidence de la cour, de l’élite, puis les temples. On retrouve ici l’architecture particulière des temples Incas, avec de gigantesques pierres taillées et assemblées avec une grande précision, tandis que les maisons des paysans et des serviteurs étaient faites de pierres bon taillées et assemblées avec un mortier. 

Les murs des maisons de l’élite et des temples étaient différents. Là le mur s’écroule parce-que construit sur un sol en argile. Mais l’ensemble du Machu Picchu s’enfonce dans le sol. Peut être que dans quelques années, on ne pourra plus le visiter…

L’eau est un autre élément fondamental de la cité. Une source dans la montagne alimente la ville, conduite par des canalisations taillées dans la pierre, qui permettent d’en maîtriser le débit. 

On arrive à un autel qui servait aux sacrifices de bébés lamas, qui avaient lieu 4 fois par an, aux solstices et équinoxes : on leur extirpait le coeur et les poumons. Nous n’avons pas parlé ici des sacrifices humains mais on sait que les Incas les pratiquaient, notamment les sacrifices d’enfants. Mais il semblerait que ces sacrifices étaient rares et que les sacrifiés étaient volontaires. C’était un honneur et un privilège de se sacrifier pour les dieux dans l’intérêt de la communauté. Les squelettes et momies d’enfants sacrifiés qui ont été retrouvés ne montrent pas de traces de violence et sont dans une position apaisée. On pense qu’ils consommaient beaucoup de coca jusqu’à l’endormissement et la mort. Les sacrifices d’animaux étaient certainement plus fréquents.
Machu Picchu est le lien entre la Terre et le Ciel. Les trois niveaux de mondes chers aux Incas sont représentés partout, par 3 marches sculptées dans la pierre à plusieurs endroits, et par la représentation des 3 animaux qui symbolisent ces 3 mondes, le serpent pour le monde souterrain, le Puma pour le monde terrestre, et le condor pour les cieux. 

Ici, le temple du condor :

Dans cette grotte, les niches servaient à exposer les momies de la famille royale lors des grands événements :

Le Machu Picchu n’a été découvert qu’en 1911 par Hiram Bingham, qui en a révélé l’existence et permis les recherches archéologiques, avec l’appui du gouvernement péruvien. Mais le site avait déjà été exploré vers 1850 par un Allemand et surtout par les populations locales, de sorte que toutes les richesses du site avaient déjà disparu lorsque Bingham est arrivé.

Des découvertes plus récentes ont cependant été faites. En 2012, un français à découvert des chambres mortuaires sous les temples, où étaient conservées des momies. 

La construction du Machu Picchu est restée inachevée, les Incas ayant dû fuir le site en raison des crises que l’Empire a traversées au début du XVIe siècle, d’abord la guerre de succession qui a opposé les deux fils de l’Inca décédé de la variole puis l’invasion des Espagnols. Les routes n’étant plus sûres, la nourriture ne pouvant plus être acheminée, les Incas ont fui et se sont repliés à Vilcabamba, découverte plus tard, dans les années 1960. 

La Machu Picchu mérite bien l’effort financier et matériel pour l’admirer ! Il nous en aura quand même coûté 1.145 dollars américains la journée (250 par adulte et 205 par enfant). Oui, à Cusco, tout se paie en dollars. Aucun problème pour en retirer aux distributeurs de billets de la ville !

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4 réflexions sur “Cusco (4) – Machu Picchu

  1. Mamie JO dit :

    C’est toujours un plaisir de découvrir chaque site visité, le Machu picchu très célèbre mais son histoire plutôt méconnue et là, maintenant on en connait beaucoup plus !!! l’histoire des Incas me rappelle un peu celle des Mayas basée sur le calendrier, les saisons, le soleil…
    Très belles photos de famille, un beau souvenir « cher » mais inoubliable !!
    J’espère que Paloma va mieux, gros bisous à vous tous !!
    Ah j’oubliais, je vois plus clair depuis lundi !

    J'aime

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