La Paz (3)

Petit déjeuner à l’hôtel, au coin du feu : 

Ce matin, Olivier et moi sommes allés à la poste en espérant envoyer un carton contenant tous nos achats mais c’était beaucoup trop cher alors on est revenus à l’hôtel avec notre carton. 2km et presque 1h pour rien ! On a quand même eu le plaisir de voir les fameux zèbres qui faisaient la circulation. Ils arrêtent les voitures pour permettre aux piétons de traverser, ce qui n’est pas du luxe vu la densité du trafic et l’impatience des automobilistes, notamment les conducteurs de taxis collectifs, qui accélèrent quand il y a un piéton sur la route ! 


Ensuite, nous sommes allés prendre le téléphérique pour survoler la ville de l’autre côté. 

Place Murillo vue du ciel:





Un cimetière, très différent de celui qu’on a vu hier :




Puis nous sommes redescendus dans l’effervescence des rues du centre : 

La rue des coiffeurs :




Les vendeuses de gélatines :


Nous avons déjeuné dans une crêperie, c’était très bon. Les enfants se sont régalés de crêpes au Nutella en dessert ! 

L’après midi, nous sommes allés visiter le musée de la coca. 


La culture de la coca est intimement liée à l’histoire de l’Amérique du Sud. Elle est consommée (mastiquée) ici depuis plus de 4500 ans. Elle a une fonction sociale (la culture et la récolte sont ritualisées, la récolte étant le privilège des femmes), une fonction spirituelle et thérapeutique également. La feuille de coca a des vertus thérapeutiques qui ont été établies, elle prévient le mal de l’altitude mais pas seulement, elle améliore les fonctions respiratoires, aide à lutter contre la fatigue, a des vertus stimulantes et anesthésiques, permet de réguler le glucose dans le sang… 

Les Incas l’utilisaient pour anesthesier des patients avant amputation ou trépanation !

A l’époque de la conquête espagnole, les colons ont tenté d’interdire la coca, qu’ils considéraient comme un obstacle à la christianisation des Indiens puisque la coca était utilisée dans les rituels religieux, mais ils ont vite compris ses bienfaits, notamment pour rendre les travailleurs plus productifs. La coca est ainsi devenue obligatoire dans les mines, où les mineurs pouvaient travailler jusqu’à 48h d’affilée sans pause et sans autre nourriture que des feuilles de coca.

Mais au XIXe siècle, de la coca est née la cocaïne, au terme d’un processus de fabrication complexe impliquant de nombreuses réactions chimiques. La lutte contre les narcotrafiquants est devenue une préoccupation majeure depuis les années 1950. Les Etats Unis encouragent les Etats d’Amérique du Sud à lutter contre le trafic de cocaïne. La culture de la coca est autorisée dans des zones limitées, pour un usage traditionnel et pharmaceutique, mais la culture illicite reste prédominante.  La politique d’éradication de la culture de la coca, encouragée et financée par les Etats Unis, est mal vécue dans les pays concernés. C’est en partie ce qui va mener Evo Morales à la tête de la République plurinationale de Bolivie en janvier 2006.

Parenthèse politique : D’origine Aymara, lui même paysan cultivateur de coca, Evo Morales, élu en décembre 2005, va mener une politique visant à préserver la culture traditionnelle tout en luttant contre le trafic de cocaïne : « coca yes, cocaïne no », refusant l’intervention militaire américaine sur son territoire. Mais les policiers boliviens disposent de peu de moyens face aux narcotrafiquants. Les relations entre le président Bolivien et les USA mais aussi l’Europe, sont plutôt tendues. 

Ainsi, Morales, président depuis 2006, est à son 3eme mandat. Sa politique a été centrée sur la nationalisation de plusieurs entreprises (énergies), la lutte contre l’analphabétisme (passé de 13% en 2005 à 4% en 2008), la pauvreté (de 38% à 19% en 2014), le trafic de drogue, la santé publique (taux de mortalité infantile réduit de 50%), l’écologie, la lutte contre les discriminations notamment sexuelles.

Malgré ces progrès en de nombreux domaines, la Bolivie reste un des pays les plus pauvres du monde. On le constate aisément en parcourant les rues de La Paz, où on voit beaucoup de gens faire la manche ou occuper des petits boulots, parfois même des gens très âgés. Pourtant, le taux de chômage est très bas (4%), le salaire minimum a été régulièrement augmenté (en hausse de 300% entre 2007 et 2016), l’âge de la retraite abaissé (58 ans depuis 2008). 

Après la visite du musée, on a gouté au Coca-Cola version 1882, quand il était fabriqué à base de feuilles de coca, et à la bière à la coca. 



Les effets secondaires sur Paulin ont été visibles avant même qu’il ait trempé ses lèvres dans la bière !


Nous avons encore fait les boutiques avant de rentrer à l’hôtel. 





Demain matin, nous prenons le bus à 8h30 pour Puno, au Pérou, sur les rives du lac Titicaca. On devrait arriver vers 14h. 

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