Valparaiso (2)

18 octobre.

Nous vivons à l’heure espagnole… On se lève tard, on mange tard, on se couche tard!

Aujourd’hui, nous avons continué notre visite de Valparaiso. Nous avons profité d’une visite guidée en français, organisée par « Valpotop tour », vraiment super. Nous sommes partis à 15h30 de la place Sotomayor, près du port, et avons terminé vers 19h en haut du funiculaire Reina Victoria. Cette ville est vraiment sympa !

À partir de 1914, la ville a connu une période de déclin, l’ouverture du canal de Panama ayant court circuité la route autrefois empruntée pour se rendre aux Etats Unis et laissé Valparaiso à l’abandon. 

La ville renaît de ses cendres aujourd’hui, surtout grâce au tourisme. Et c’est vrai qu’elle est pleine de charme !

Quartier du port : le port est un vieux quartier. C’est là que la ville de Valparaiso a pris son essor au milieu du XIXe siècle, lorsque les Européens, attirés par la ruée vers l’or en Amérique, faisaient escale à Valparaiso et s’y installaient parfois. Ce quartier, comme deux autres (cerro alegre et cerro concepcion) sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.



Cet immeuble, siège social d’une entreprise importante du Chili, a été à l’origine du classement de ces 3 quartiers. En effet, après l’agrandissement de cet édifice traditionnel de l’époque coloniale avec une surélévation moderne, les habitants du quartier se sont mobilisés pour éviter que le quartier ne soit défiguré. Mais cette reconnaissance historique et culturelle a un prix. Les propriétaires sont aujourd’hui soumis à des contraintes telles que la restauration de beaucoup de monuments est en péril. Plusieurs immeubles sont à l’abandon. 


En outre, la ville de Valparaiso subit régulièrement des incendies dévastateurs. Quand on voit la multitude de câbles électriques qui irradie la ville, on se dit que les incendies s’expliquent. Mais il semblerait aussi que le gouvernement chilien encourage parfois les pyromanes à provoquer des incendies dans les zones occupées par les immigrés… 

La ville compte une quinzaine de casernes de pompiers, qui sont toutes associées à des pays : caserne américaine, française, portugaise… A l’origine en effet, elles ont été fondées par les diverses communautés venues s’installer à Valparaiso. Tous les pompiers sont volontaires et bénévoles, subventionnés par des partenariats avec des casernes des pays dont sont originaires les communautés fondatrices (ex: les pompiers de Marseille fournissent uniformes et matériel aux pompiers de la caserne française de Valparaiso). Le gouvernement chilien ne finance rien du tout ! 

Ce matin, on a pris un funiculaire pour surplomber le quartier du port. La ville compte une quinzaine de funiculaires, dont la moitié hors service, certains en cours de restauration. Ce sont les anglais, cherchant un moyen de relier les hauteurs de la ville avec les quartiers animés près de la mer, qui ont décidé d’équiper la ville de ce type de moyen de transport à la fin du XIXe siècle. 



Et cet après midi, on a pris un autre funiculaire, l’un des plus vieux, datant de 1902, El Peral, et on a parcouru les hauteurs de la ville avec notre guide. 


En moins de 2 minutes, le dénivelé est impressionnant ! 



Et les rouages du système aussi !





Notre tour nous a conduits à tavers les quartiers classés de cerro alegre et cerro concepcion. Le premier, « la colline de la joie » était le quartier où les marins venaient prendre du bon temps, boire et rencontrer des filles de joie. Le cerro concepcion était celui des églises, principalement catholiques, toute autre religion étant interdite, mais où les anglais ont aussi fondé, d’abord sécrètement puis plus officiellement, des lieux de culte protestants. 



Cette maison a été acquise par un Croate qui a fait fortune dans l’exploitation des mines au nord du Chili. Il avait une importante collection privée d’oeuvres d’art. Le toit est couvert de cuivre, devenu aujourd’hui vert. À sa mort, n’ayant pas d’héritiers, la maison est revenue à l’État chilien. C’est désormais un musée des Beaux-Arts. 


Les maisons épousent le dénivelé, ayant en général plus d’étages d’un côté que de l’autre, comme on peut s’en rendre compte sur cette maison, construite à l’intersection de deux rues !


Valparaiso met en valeur le street art avec ses tags (petites écritures, signatures), graffitis (dessin de taille moyenne) et fresques(occupant de grands espaces). 

Ici, les graffeurs sont libres d’exprimer leur talent s’ils ont l’accord du propriétaire. Parfois, les graffitis ou fresques sont commandés par le propriétaire. Certaines fresques sont même financées par la ville de Valparaiso. 



Les graffeurs essaient de faire passer des messages à travers leurs peintures.

Ici, le graffeur a représenté une femme Mapuche. Ce peuple, qui vit principalement au sud du Chili, est le symbole de la résistance à la colonisation. Pendant près de 3 siècles, ils ont réussi à préserver leurs terres et leur culture des conquérants Espagnols qui détruisaient tout sur leur passage, évangélisaient les populations, notamment en enlevant les enfants pour les éduquer à leur façon, dans la religion catholique, avant de les renvoyer dans leur communauté prêcher la bonne parole et convertir leurs proches. L’un des enfants Mapuche ainsi enlevés a cependant réagi et encouragé son peuple à résister, leur enseignant l’art de monter à cheval pour lutter à armes égales avec les colons. 

Aujourd’hui encore, les Mapuches ne vivent pas en paix, non plus pour des considérations religieuses mais économiques. Leurs terres continuent d’être confisquées au profit de la culture d’eucalyptus, au mépris de la préservation des terres cultivables et de la survie de ce peuple qui vit de cultures maraîchères et médicinales. Les femmes ont un rôle prépondérant dans la société Mapuche.



Cet autre graffeur célèbre, originaire de l’île Chiloe, défend la protection de la mer. Il représente ici son personnage fetiche, mi homme, mi poisson, coupé en deux, avec des dollars dans les poches… Le Chili a en effet vendu et privatisé une bonne partie de ses zones maritimes au profit de sociétés de pêche intensive. Malheureusement, les petits pêcheurs n’ont plus de zones de pêches, les poissons se raréfient. Les pêcheurs de Valparaiso tentent de se reconvertir en promenant les touristes dans la baie mais leur situation est menacée comme l’équilibre écologique de cette zone. 



Même des escaliers sont décorés de fresques :




Cet autre graffeur, célèbre aussi en Europe, a peint ici une fresque symbolisant la désunion des peuples d’Amérique du Sud, le personnage, découpé en plusieurs parties, ne peut être identifié à tel ou tel peuple précis. 



Nous avons fait une petite pause en dégustant le pisco, un alcool de raisin célèbre dont le Chili et le Pérou se disputent la paternité. En tout cas, ce n’est pas mauvais !! Les enfants ont eu une boisson sans alcool, toujours dans un décor coloré : 

Nous avons terminé la visite guidée près de l’ascenseur Reina Victoria, où nous avons parlé de l’histoire politique du Chili, de la dictature de Augusto Pinochet, qui n’est pas si ancienne puisque le coup d’État date du 11 septembre 1973 et que la dictature a pris fin en 1990. La junte militaire a pris le pouvoir après avoir renversé et assassiné le président Salvador Allende. De nombreux opposants politiques et artistes ont été tués, dont le compositeur Victor Jara et certainement Pablo Neruda, tous deux morts en septembre 1973, le premier après avoir été torturé.

Si cette période de l’histoire chilienne, émaillée de déportations, assassinats politiques, exils, a traumatisé la population, certains restent cependant nostalgiques de ce régime auquel ils associent une certaine prospérité économique. 

La présidente actuelle du Chili (eh oui, le Chili est dirigé par une femme !), dont le père, ex soutien de Pinochet, avait été assassiné au début de la dictature pour n’avoir pas soutenu les positions extrémistes du Général, ne se représentera pas puisqu’elle a déjà fait deux mandats. Le candidat ultra conservateur semble en tête pour la prochaine élection, alors que le Chili aurait grand besoin que les projets sociaux prônés par Salvador Allende aboutissent enfin… L’éducation au Chili reste payante dès la maternelle, un sacrifice que beaucoup de familles ne peuvent s’offrir. 


Demain, nous passons une journée de plus à Valparaiso. Nous nous sentons vraiment bien dans cette ville. En plus, le temps est magnifique, même s’il fait froid dès que le soleil se couche ! 

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6 réflexions sur “Valparaiso (2)

  1. Mamie JO. dit :

    Ce matin très tôt, ne pouvant plus dormir, je viens de parcourir avec beaucoup d intérêts tout le résumé de votre visite guidée a Valparaiso, ça donne vraiment envie d’aller découvrir cette ville !
    Alors profitez bien encore de cette dernière journée a Valparaiso ! Bisous

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  2. Anonyme dit :

    Bonjour Natacha, bonjour aussi à votre petite famille ! Avec Madame CHIRA, nous avons enfin trouvé le temps de consulter votre blog (après que Mathieu AURIOL m’en ait redonné les coordonnées….) Quelle aventure ! et quelles belles images, que de beaux souvenirs pour vous 5. Nous pensons bien à vous et vous espérons en bonne santé. A bientôt. Claire LIAUD et Marilyn CHIRA.

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  3. Béné dit :

    Alors là, te lever tard …j en reste sans voix !!
    Et tu vois , on peut quand même profiter de tout !
    En tout cas ça a l air vraiment extra .
    Profitez en a fond , mais je sais que je n ai point besoin de vous le dire !
    Bisous

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