Cuenca (3)

À Cuenca, il y a plein de musées mais les enfants adhèrent de moins en moins… Il faut dire qu’il y a souvent beaucoup de lecture, en espagnol, voire parfois en anglais, mais c’est difficile d’accès pour eux.

Ce matin, nous avons visité le musée Pumapungo, le plus grand de la ville, et gratuit en plus ! 

Une partie du musée est consacrée à l’histoire de la monnaie en Équateur, avec une présentation de pièces et billets depuis le XVIe siècle. Avant l’arrivée des Espagnols, les échanges commerciaux reposaient sur le troc. Les colons espagnols ont cherché à réguler la circulation de l’or et de l’argent et à imposer leur monnaie. La première monnaie équatorienne a été mise en circulation 11 ans après l’indépendance, en 1833. En 1884, une nouvelle monnaie apparaît, le sucre, qui disparaîtra en 2000 au profit du dollar américain après avoir traversé plusieurs crises économiques et connu une forte inflation lors de la dictature militaire dans les années 1970. 

Un autre étage du musée est consacré à l’ethnographie, aux différents peuples de l’Equateur multiethnique et pluriculturel. Chaque peuple a sa langue, ses traditions, son artisanat, ses vêtements, son folklore. En voici quelques exemples : 






L’artisanat : céramiques, tissage de textiles et de fibres, notamment pour faire les chapeaux de paille 

Les shuars sont un peuple d’Amazonie, connu pour ses têtes réduites, présentées au musée : 


C’est une pratique très ancienne qui a effrayé les conquistadores Espagnols. À l’origine, cette pratique est liée à un rituel initiatique : l’ennemi combattu était décapité et sa tête réduite en lui cousant la bouche pour enfermer son esprit, s’approprier sa force et éviter sa vengeance. 

Nous avons ensuite visité les ruines du site pré Inca sur lequel est construit le musée et les jardins, avec une jolie volière. 

Nous avons déjeuné au café Pacifico, très propre et très bon : pour 3,50$ on avait une soupe, un plat, un mini dessert et un jus de fruits ! 

L’après midi, on a arpenté les rues de la ville, on a acheté des chaussures à Paulin, et on a pris un jus de fruits au marché du 9 octobre, date de l’indépendance de l’Equateur (1820) et date d’anniversaire de Célestin !! 


L’étage des fruits, fleurs et légumes :






L’étage des viandes :


Le quartier des petits restos du marché :



Le quartier du fameux « hornado », porc entier grillé (et pas du cochon d’Inde !) : 



Les jus de fruits :





Dans les rues de la ville, comme partout en Amérique du Sud, on trouve toutes sortes de vendeurs : 

Des balais et accessoires de ménage :


Plein de vendeurs de glaces, bonbons, gâteaux, pop corn :


Des vendeurs d’oeufs de caille (on a testé, pour 1$ les 10 œufs cuits et écalés) :


Des vendeurs de boissons diverses (qu’on n’a pas testées…)


Et il fait toujours beau ! On a eu une averse en fin d’après midi hier et avant hier, mais rien de méchant. Le climat est vraiment agréable, la chaleur du climat équatorien étant tempérée par l’altitude de la ville. 

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Cuenca (2)

Aujourd’hui, on a fait un tour de la ville en bus panoramique. Cuenca, de son nom original complet « Santa Ana de los Rios de Cuenca » est traversée par 4 rivières. Des civilisations pré Incas se sont installées ici dès le VIe siècle.

La ville coloniale a été fondée en 1557 sur un plan orthogonal, dans le respect des normes d’urbanisme imposées à l’époque par Charles Quint, roi d’Espagne. Mais la plupart des églises et maisons que l’on voit aujourd’hui, d’inspiration architecturale coloniale, Espagnole et Française, avec leurs façades décorées et les balcons travaillés, datent du XIXe siècle, alors que l’Equateur était déjà une république indépendante. La ville a alors connu une période de prospérité économique grâce à l’exportation de quinine et de chapeaux. Le fameux chapeau de paille Panama était et est toujours fabriqué ici. Il a été présenté à l’exposition universelle de Paris en 1855 et s’est alors répandu en Europe. Lors de la construction du canal de Panama, les chapeaux fabriqués à Cuenca sont vendus aux ouvriers pour se protéger du soleil, d’où son nom ! Il a été porté et popularisé par des personnages célèbres comme Churchill, Roosevelt, Humphrey Bogart…






Les ruines d’un site pré Inca :


Une statue de Huayna Capac, chef Inca :



Les maisons en bois, suspendues à la falaise :



Vue sur la ville depuis le mirador de Turi:


Les câbles électriques sont parfois très bas : comme on était assis au 2e étage du bus, il faut baisser la tête quand on passe en dessous !



La Plaza de las Flores :



La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Cuenca (1)

19 novembre, direction l’Equateur : nous avons pris l’avion (qui avait 1h de retard) puis un bus et nous sommes arrivés à notre hôtel à Cuenca vers 22h. On n’a pas vraiment mangé de la journée, à part des donuts : on avait acheté une boîte de 18 donuts à l’aéroport ! 

Les enfants ont une très grande chambre ! 

Cuenca est au sud est du pays, dans les montagnes à environ 2500m d’altitude. Avec 500.000 habitants, c’est la 3e ville du pays. Elle tient son nom de la ville de Cuenca en Espagne d’où était originaire l’un des conquistadores qui ont pris la cité aux Incas et ont fondé la ville de Cuenca en 1557. 

L’Equateur a obtenu son indépendance de l’Espagne en 1822. 

Pour mes amis juristes, un peu droit constitutionnel Sud-americain, sujet qui pour ma part m’a vraiment passionnée, avec l’apparition d’un nouveau concept d’État :

Après l’indépendance, les pays d’Amérique du Sud ont cherché à mettre à néant le système politique colonial et ont instauré un modèle national populaire, offrant le suffrage universel, un système éducatif, une politique agricole, cherchant à gommer les inégalités mais, ce faisant, niant les revendications et particularismes indigènes. Des régimes autoritaires ont vu le jour dans de nombreux Etats.

Depuis les années 1980, la transition démocratique est en marche. Les pays d’Amérique du Sud  tentent de trouver un système politique qui permette de préserver,  voire réhabiliter, les droits des minorités autochtones (restitution de terres, reconnaissance de leurs cultures, langues, droit coutumier). Cependant, ces efforts pour la reconnaissance de droits n’ont pas permis d’améliorer les conditions de vie des minorités autochtones qui continuent de souffrir de discrimination sociale, économique, politique.

C’est dans ce contexte que l’Equateur comme la Bolivie se sont dotés de constitutions plus récentes, et tentent d’aborder différemment le « problème Indien », refusant de traiter les indigènes comme des minorités mais comme partie intégrante d’un Etat plurinational, leur donnant une place institutionnelle.  La constitution equatorienne de 2008 définit l’Equateur comme un Etat interculturel et plurinational, reconnaissant des nations et des langues indigènes (même si l’espagnol est la langue officielle). Cette approche constitutionnelle d’intégration des revendications indigènes, reconnaissant des entités nationales à l’intérieur d’un Etat plurinational unitaire, est une innovation propre à ces deux pays qui tentent de régler le « problème Indien » différemment des autres pays d’Amérique du Sud : ce nouveau modèle s’oppose au multiculturalisme libéral (qui accorde des droits à des minorités), mais aussi à l’État-nation imposant un modèle politique unique propre aux Etats européens mais inadapté à la diversité des peuples qui composent ces Etats nés de vagues de peuplement multiples, sans métissage, dont les indigènes devenus minoritaires pré existaient à l’arrivée des colons. Ils s’opposent enfin à l’héritage économique capitaliste qui a dépossédé les autochtones des richesses naturelles de leurs terres. Les indigènes refusent l’assimilation mais ne cherchent pas à chasser les descendants de colons, ils cherchent un moyen de cohabiter dans un Etat unitaire. L’objectif de ces nouveaux Etats plurinationaux (et non multinationaux) est donc de bâtir un système politique, juridique, économique et social qui permettent à chacun, autochtone ou non, de trouver sa place, dans le respect des particularismes de chaque groupe culturel représenté dans les institutions, pour assurer l’unité dans la diversité, refusant l’opposition entre majorité et minorités. 

Depuis 2000, la monnaie officielle de l’Equateur est le dollar américain. 

20 novembre, nous nous sommes promenés dans la jolie ville coloniale de Cuenca. 

La cathédrale : nous avons monté les 155 marches jusqu’au toit. 






Nous sommes passés devant la cour de justice et école de la magistrature : 


Nous avons bu des jus de fruits dans l’un des nombreux marchés, toujours colorés et parfumés: 


On a goûté la spécialité locale, le cochon grillé, « hornado ». Puis Paloma et moi sommes allées manger végétarien dans un autre resto ! 

Lima

Après un peu plus de 4h de trajet en bus depuis Ica, nous sommes arrivés à Lima et avons rejoint notre hôtel, situé dans le centre historique, en taxi. 

Nous avons parcouru les alentours de la place d’armes à la tombée de la nuit : le palais du gouvernement, les églises de l’époque coloniale. 

18 novembre. Ce matin, nous avons pris un taxi jusqu’au quartier de Miraflores, à environ 8km du centre. 

Nous avons d’abord visité Huaca Pucllana, un site rituel construit sur plusieurs étages formant une pyramide, à l’époque de la civilisation Lima (encore une ville qui a pris le nom d’une des nombreuses civilisations pré Incas), entre 100 et 650 de notre ère. La pyramide est faite de briques en adobe (terre cuite) placées verticalement, ce qui rend la construction résistante aux séismes, fréquents ici. C’était une société matriarchale, où les femmes, symbole de fertilité, pouvait être prêtresses mais où elles étaient aussi sacrifiées aux dieux. Les Limas vénéraient la mer, qui leur apportait ses ressources, mais aussi la lune. Les peintures sur les poteries en témoignent. Le culte du soleil était absent ici, et pour cause, Lima est dans la brume et les nuages presque toute l’année, même s’il ne pleut jamais. Le site a été occupé par des civilisations postérieures, principalement pour y enterrer leurs morts, des personnes importantes. Des sépultures et momies ont été récemment découvertes sur le site qui fait toujours l’objet de fouilles archéologiques. 

Nous avons ensuite marché jusqu’au marché de Surquillo où nous avons pris des jus de fruits frais et des gâteaux. 

Nous avons acheté une nouvelle valise pour Paulin vu que son sac de voyage est tout défoncé ! 

Puis nous avons repris un taxi jusqu’au parc de l’amour, qui ressemble au parc Guell de Barcelone avec ses bancs en mosaïque, sauf que là, on est face au Pacifique et c’est l’amour qui s’exprime, avec des citations de poètes et une grande sculpture du baiser d’un artiste péruvien, Victor Delfin. La statue mesure 12m sur 3m de haut. Le parc a été inauguré le 14 février 1993.

 

Nous avons longé l’océan, traversé les nombreux parcs qui le bordent, leurs aires de jeux et leurs statues. C’est très vert et fleuri grâce aux efforts de la municipalité : vu qu’il ne pleut jamais, il faut arroser sans cesse. 

Puis nous avons pris un autre taxi pour aller à Barranco, le quartier bohème de Lima, quartier des artistes qui s’exposent sur les murs ou dans la rue.

Une belle sirène tout en carton recyclé :

Au retour en taxi, nous sommes passés devant le palais de justice ! 

Nous n’avons fait qu’un passage éclair à Lima mais les 3 quartiers de la ville que nous avons visité sont vraiment très agréables. 

Demain, on prend l’avion pour l’Equateur! 

Ica – Paracas

16 novembre, nous partons à 7h pour le bord de mer, Paracas, las  islas Ballestas. 

La Réserve nationale de Paracas est une zone protégée de 335.000 Ha, qui comprend désert et océan. C’est une partie du désert d’Atacama, dont l’essentiel est au Chili.

Les courants froids qui bordent la côte permettent au plancton de se développer en abondance, ce qui attire des millions d’animaux. 

Nous prenons le bateau pour approcher les îles Ballestas et leur riche faune. 

Malgré l’aridité du climat, la région produit diverses richesses. Nous passons près du port industriel, qui permet d’exporter les produits péruviens, poissons, coton, sel, gaz. 

On voit le célèbre chandelier ou cactus gravé dans le sable, qui mesure 120m. Personne ne sait de quand date ce geoglyphe particulier ni quelle pouvait être sa signification. En tout cas, il est impressionnant !

Nous sentons à l’odeur du  guano que nous sommes tout près des Îles Ballestas. Nous découvrons des milliers d’oiseaux, quelques pingouins et des lions de mer qui se prélassent sur les rochers. 









Après cette promenade en mer, nous reprenons le bus pour entrer dans la réserve de Paracas, admirer les paysages de plages multicolores. 






Ica – Huacachina

Hier nous avons pris le bus de Nazca à Ica. 

Nous nous sommes installés dans notre hôtel, plutôt confortable. Les enfants ont une suite immense avec 2 chambres, une baignoire-jacuzzi. 

Ce matin, on a pris le petit déjeuner au bord de la piscine.

Nous avons visité le musée de la ville, qui présente de nombreuses céramiques, des momies et des crânes déformés des époques Paracas (-600 à +200) et Nazca (de -200 à +700).

Les taxis de Ica envahissent les rues : 

Olivier et moi sommes allés déguster différents vins de Pisco, alcool péruvien à base de raisin, qui ressemble un peu au cognac et au pineau. On a levé nos verres pour souhaiter la qualification du Pérou au mondial, ils jouent ce soir !

Puis on s’est fait un bon resto tous les deux! Les enfants ont mangé des sandwichs à l’hôtel.

En fin d’après midi, nous sommes allés faire du buggy et sandboard dans les dunes de Huacachina. C’était mouvementé, voire même flippant, mais on en est revenus entiers et personne n’a vomi ! 

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Demain, on va au bord de la mer, et après demain, direction Lima.

 

Nazca (2)

Aujourd’hui, nous sommes allés au cimetière de Chauchilla, voir des tombes contenant des momies Nazca, datant de 700 Après JC, très bien conservées en raison du climat aride. 

Une tombe rectangulaire contient en général une famille entière, des familles importantes, riches. 

La déformation crânienne était pratiquée dans les familles riches, le crâne allongé vers l’arrière chez les Nazca, vers le haut chez les Paracas. Mais les crânes déformés ont été volés par les pilleurs. On en trouve seulement quelques uns dans les musées. 

Les Nazca avaient une espérance de vie limitée, jusqu’à 40 ans maximum, car ils souffraient de problèmes gastriques, de tuberculose, de malnutrition. Les tombes contiennent de nombreux bébés. 

Les Nazca portaient les cheveux très longs, mêlés en locks enroulées en turban autour de la tête. Les cheveux sont encore bien visibles sur la plupart des momies. 

Les momies sont placées en position foetale après avoir été vidées de leurs organes, séchées au soleil après un bain de plantes antiseptiques et insectifuges, puis entourées de coton et textiles. Elles étaient installées dans la tombe face à l’est (au soleil levant) avec leurs richesses, biens personnels, nourriture, en attente de résurrection. 

Cependant, les tombes ont été profanées pour leurs richesses : or, textiles, céramiques, les momies elles-mêmes, leurs tatouages et les crânes déformés caractéristiques des civilisations Nazca et avant, Paracas. Ces objets sont toujours recherchés par des collectionneurs et le marché noir reste florissant, le gouvernement péruvien ne se donnant pas les moyens de protéger son patrimoine. Les pilleurs opèrent la nuit avec des détecteurs de métaux. Nous n’avons donc vu que les restes qui n’intéressent pas les pilleurs, des momies sans tatouage et sans crâne déformé, dépouillées de toutes leurs richesses !

Comme toutes les civilisations de cette époque, les Nazca pratiquaient les sacrifices humains. La civilisation a disparu vers l’an 700, peut être en raison d’un important tremblement de terre. 

Après cette visite enrichissante, nous sommes allés voir une fabrique de céramique qui utilise toujours les procédés de fabrication anciens, avec des pigments naturels et une cuisson au charbon de bois dans des fours en terre. Puis une fabrique de textiles et de bijoux en argent. 

Ce soir, nous avons fait un petit tour sur la place d’armes manger des popcorns et des churros. On trouve toutes sortes de petits vendeurs ambulants, les enfants jouent au foot en uniforme à la sortie de l’école, c’est plein de vie !

Dans les rues adjacentes, il y a des centaines de commerces divers et variés. Olivier a fait réparer ses chaussures de marche, qui commençaient à être fatiguées. 

Et pour notre dernier soir à Nazca, on dine à nouveau à la maison blanche !